Publié le 7 juin 2020|Catégories : Non classé|3.4 min de lecture|

Mon vécu de la 1re assemblée en ligne – par Valérie, du collectif

La 11e assemblée citoyenne de Kayoux se tenait ce dimanche 24 mai. Mais, confinement oblige, les conditions étaient un peu inhabituelles. Au final, le résultat s’est pourtant révélé, à mes yeux, très familier. Petit passage en revue du fonctionnement (pour le résultat des débats, qui portaient sur le plan communal de mobilité, c’est par ici).

 

Le cadre : des écrans

Les assemblées précédentes se déroulaient, comme ici, dans une salle avec un projecteur, des tables, des chaises, un bar (et des cacahuètes aux tables). Après réflexion et débat, le collectif a choisi de mener cette assemblée en ligne, mais en se faisant épauler par un autre collectif qui a déjà une bonne expérience, Citizen Spring. En échange : la participation libre aux frais des participant·es. C’est via leur outil Zoom que l’assemblée a été animée par un facilitateur ni d’OLLN ni de Kayoux, Xavier Damman. Ce dimanche, la vue était donc celle d’une mosaïque de cases colorées par des visages dans des environnements de toutes sortes (salons, cuisines, jardins, …). Le son de lancement, celui de la voix assurée de Xavier.

 

Les présences : des visages, des connaissances

Une trentaine de personnes s’étaient inscrites, mais le jour J, le compteur n’est monté qu’à 25 en comptant l’équipe d’organisation. Pourquoi ? Ce sera un mystère à éclaircir (soucis techniques ou envie de soleil ?) C’est donc en comité comparable aux assemblées précédentes qu’on a débattu. Je n’y aperçois que très peu de têtes inconnues, la majorité étant déjà venue à une assemblée précédente. On dirait donc que l’aspect « en ligne » n’aura pas permis, pour cette fois, d’attirer beaucoup de sang neuf. Dommage… Je me dis que beaucoup (tous ?) ont dû arriver dans ce cercle par le bouche-à-oreille de la famille, amis et voisins des forces vives de Kayoux. Jusqu’à maintenant, c’est ce qui semble le plus efficace pour « assembler ».  Et donc, malgré les passages éclair d’enfants, chien ou chat à l’écran, et malgré le nouveau cadre « virtuel » (qui permet le confort, réel, de rester chez soi), les assemblées tournent plutôt en vase clos. Mais aujourd’hui, au moins, elles se sont remises à tourner. Pour demain, le défi de faire tourner le public et l’agrandir est très clair.

L’ambiance : des sourires, des oreilles

Avec les échanges informels avant le signal de départ et un peu d’humour et de stretching, l’ambiance est détendue. Je suis étonnée : tout le monde, ou presque, a osé allumer et garder sa caméra, malgré le fait que la séance plénière est enregistrée. Paradoxalement, le déroulement à distance me donne une impression de rapprochement avec les participant·es. Peut-être est-ce le dévoilement des cadres de vie de chacun·e ? Nous voguons pour quelques heures à bord d’un même bateau. Mais sans prisonniers à bord : l’après-midi se déroule en trois temps et une escale est prévue avant le 3e pour débarquer sereinement les personnes qui ne souhaitent pas s’engager dans la suite des actions. Pour ce 3e temps, il y aura 10 personnes. Et pour toute la durée du trajet, beaucoup d’écoute mutuelle.

Le déroulement : des infos, des questions, des infos, des questions, des actions

Le bateau de l’assemblée file à toute allure, les instructions (euuh attends qu’est-ce que je dois faire ?) comme les deux présentations de 10-15 min (les diapos – consultables ici – passent vite). La quantité d’information à avaler sur le plan communal de mobilité (PCM) est fameuse, surtout si on compte l’heure et demie de présentation par la Ville qu’on était invité à digérer avant d’arriver (confession : je ne l’avais pas fait…). Les responsables de ce PCM ne sont malheureusement pas présent·es, et l’intervenante qui était prévue doit être remplacée au pieds levé (aïe ! mais bien géré !)… ça va manquer lors du temps des questions qui va suivre, avec des appétits non comblés. Après l’information, la discussion. Comme dans les assemblées précédentes, les participant·es sont réparti·es automatiquement en groupes de 5 pour échanger ensemble avec un animateur·ice. La parole a l’air de bien circuler dans les 2 groupes que j’ai pu voir. Mais il est plus difficile à l’écran de sentir les accords et désaccords (noter pour la prochaine fois : expliquer qu’on peut utiliser des gestes pour s’exprimer).

Les séances de retour ensemble révèlent, comme toujours et par magie, que de nombreuses réflexions sont partagées à toutes les tables, mais les réflexions particulières ont la possibilité d’émerger. Comme toujours aussi, deux envies fortes ressortent : (1) celle de se prononcer en toute connaissance de cause et sérieusement (même pour un bête sondage de la salle, on veut être sûr·e d’avoir bien compris la question et les enjeux !), (2) donner des idées, des suggestions, qui foisonnent et doivent sortir (même quand ce n’est pas le moment et certains groupes passent à côté des instructions). Si la Ville souhaite s’appuyer sur ses habitants, c’est probablement au niveau de la récolte des idées qu’elle doit commencer ! (à Kayoux d’en prendre note aussi).

Comme pour toutes les assemblées précédentes (et la majorité des activités participatives en général d’ailleurs), le temps le plus difficile reste celui de la concrétisation. Le partage d’information et d’avis marche bien et, d’ailleurs, le sondage en direct indique que 6 personnes sur 7 ont appris des choses aujourd’hui. Mais arrive-t-on à faire quelque chose avec ça ? Entrer dans le concret, à distance ou en côte à côte reste difficile.  Pour les organisateurs, c’est un défi de réussir à synthétiser sur le moment même tous les apports divergents. Et pour les participants, il est aussi difficile de s’engager (même en temps de confinement, les vies sont surchargées). Pourtant, finalement, des plans d’action se dessinent et le bâteau finit quand même par arriver à bon port. Ce moment-là, c’est toujours assez magique !